A partir de 1965, un traitement de la scoliose consistait dans la POSE d'un CORSET plâtré (abott) sur le rachis en totale extension en espérant que le redressement obtenu se maintienne ... C'était une EPREUVE TERRIBLE que je voudrais vous livrer à travers le TEMOIGNAGE textuel et écrit que j'ai reçu d'une femme qui avait 15 ans à l'époque :
"Il est inutile de dire dans quel état d'ANGOISSE je suis descendue aux ENFERS, en sous sol, dans cette fameuse salle de TORTURE. Là on m'a dit d'enfiler, sans aucun ménagement, après m'avoir mise toute nue dans une douche, un long tube de jersey autour de mon buste et également sur mes cheveux, je me voyai presque dans les CHAMBRES A GAZ des Camps de DACHAUD ! On m'a bousculée parce que je n'avais pas trop l'air de comprendre et que je n'allais pas assez vite; puis soulevée comme une plume par un grand gaillard barbu, on m'approche du MONSTRE METALLIQUE EN FER et on me confondit, j'en suis sure, avec du vulgaire GIBIER qu'on allait pendre, ensuite dépecer, car on m'accrocha dans le vide à la machine, par la tête dans une mentonnière à une extrémité, et par les pieds de l'autre avec des étriers. Ainsi suspendue dans le vide, on s'est mis à me tirer des deux extrémités à la fois, à tirer, tirer...de manière interminable. Je sentais tout mon corps distendu à MORT. J'essayai de CRIER mais ma mentionnière qui m'enserrait la mâchoire m'en empêchait et je ne pus que penser "ils vont me faire exploser".Et je pensai aux SUPPLICES du Moyen Age ou à celui de la roue. Puis j'ai senti qu'on m'enroulait autour du corps des bandes chaudes et humides, blanches, puis la tension a subitement cessé; et je me suis retrouvée debout sur mes jambes flageolantes, hébétée, me demandant si j'étais encore en vie; on m'a bousculée sous la même douche afin que je m'enlève tout le plâtre collé un peu partout sur mon corps, mes cheveux, les sourcils, les jambes, la partie intime...sur tout ce corps qui ne m'appartenait déjà plus, qui n'était plus qu'un bloc blanc uniforme, douloureux, dont je ne savais plus que faire..." Je tenais à vous faire part de ce témoignage difficile à lire d'une adolescente, de mon époque ... La médecine n'a parfois pas d'autre moyen que de faire souffrir pour, soi-disant, essayer de guérir ... Si seulement elle pouvait reconnaître souvent son impuissance, rester humble et à l'écoute du coeur de ses patients ! Notre ENFER est bien parfois sur TERRE. Il existe aujourd'hui une cellule psychologique pour écouter de tels témoignages enfouis à l'époque dans nos INCONSCIENTS.
Mais c'est surtout la SOUFFRANCE MORALE non évacuée qui est la plus terrible, ce besoin de l'écrire, de vous en faire part et qui se guérit aussi par votre LECTURE, votre écoute ...
PHOTO ci-contre : jeune fille en suspension dans le cadre métallique en attente de son plâtre abott